STREETS ARTS : Pensée par l’artiste, l’exposition au MAMAC, « Traces d’un parcours » propose une évocation de ses grandes interventions urbaines. Cette sélection regroupe croquis, dessins et photographies in situ, présentant ainsi son processus de travail, les recherches, les hésitations, la gestuelle, l’expression, en un mot, tout ce qui fait que l’oeuvre d’Ernest Pignon Ernest lui est propre. Jusqu’au 8 janvier 2017.
STREETS ARTS : l’objet des interventions urbaines d’Ernest Pignon Ernest
Dans les “interventions urbaines”, il y a également les habillages des cabines téléphoniques. Ici, “Cabines”, Lyon, 1996. © ADAGP, Paris, 2016
Les intervention urbaines, mieux connues dans le monde de l’art international sous le nom américain « Streets arts », d’Ernest Pignon Ernest sont d’ordre fondamentalement politique. Cette engagement de l’artiste est le fil conducteur de l’exposition. On trouve les divers lieux de son expression depuis 1966 : Plateau d’Albion, Charleville, Paris, Naples, une ville qu’il aime particulièrement, Alger, Nice, où il est né, Soweto, d’autres aussi et des pays également, le Chili ou la Palestine.
Depuis cinquante ans, ses images d’hommes et de femmes grandeurs natures surgissent par effraction dans le champ du réel. Ernest Pignon Ernest travaille au fusain, à la pierre noire, donnant un modelé aux ombres comme aux traits des visages, par l’usage de gommes crantées de différentes épaisseurs, les rendant proches mais distanciés dans l’émotion. Tous ces portraits en pied sont à l’échelle 1 donnant plus d’impact visuel à la posture des corps.
Parcours Jean Genet, port de Brest, juin 2006. © ADAGP, Paris, 2016
Ses interventions dans la rue suivent un même process : il arrive la nuit, armé d’un rouleau de dessins, d’un pot de colle, d’une brosse et d’un pinceau. Ni plus ni moins qu’un colleur d’affiche pendant une campagne électorale sauf que là, il offre au regard des femmes et des hommes d’autres soi-même. Simple nuance qui bouleverse fondamentalement le spectateur dans son intimité avec lui-même.
Le sujet des dessins est le fruit d’un long travail de documentation, d’analyse des lieux et de croquis. Le choix découle du site investi, de son histoire, de son architecture, de sa symbolique, de la lumière de son espace. L’oeuvre agit comme un révélateur en mettant à nu les failles et ce que nous ne voulons pas voir. En un mot, le dessin devient une empreinte indélébile de l’artiste dans l’espace collectif : « …au début il y a un lieu de vie sur lequel je souhaite travailler. Je viens inscrire un élément de fiction, une image… Cette intervention vise à la fois à faire du lieu un espace plastique et à en travailler la mémoire… » (entretien de l’artiste avec André Velter, 2014)
Syncrétisme des interventions et place des poètes
A Naples, sa ville de coeur, pendant sept ans, il crée un parcours reliant la mort à la vie, les mythes fondateurs païens et chrétiens, tout en captant la peinture napolitaine et plus particulièrement celle de Caravage : « l’histoire à Naples ne s’efface pas : s’y superposent mythologie grecque, romaine et chrétienne. Mes images interrogent ces mythes, elles tracent des parcours qui se croisent, se superposent, elles traitent de nos origines, de la femme, des rites de morts que sécrètent cette ville depuis Virgile ». Dans l’exposition d’autres parcours sont présentés avec tous les matériaux du processus créatif.
LaZecca, Naples, 1990. © ADAGP, Paris, 2016
Ernest Pignon Ernest a souvent dit qu’il devait plus aux poètes qu’aux peintres. Dans les différentes salles du Mamac, leurs portraits surgissent comme un signe, voir comme une borne marquant un avant et un après. Tous se présentent et sont devenus des icônes de notre mémoire : Maïakovsky (1972), Rimbaud (1978), Pasolini (1980/2015), Pablo Neruda (1981), Antonin Artaud (1997), Desnos et Nerval (2001/2013), Jean Genet (2006), Mahmoud Barwich (2009). Poètes qu’il présente comme ceux « qui sans se payer de mot, ont voulu coûte que coûte, à la suite d’Holderlin, habiter poétiquement le monde ».
A gauche : Parcours Pasolini “Se Torno”, Rome, 2015. Sérigraphie en situation. © ADAGP, Paris, 2016
Les dessins d’Ernest Pignon Ernest imbriquent le passé au présent et à l’avenir, l’art et la littérature à l’histoire, ce syncrétisme faisant la force de ses oeuvres. Son parcours réussit à concilier un engagement sans concession ni reniements avec une expression artistique d’une extrême exigence. Tout converge in fine à interroger la mémoire collective.
INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES : MAMAC
Actuellement et en parallèle, exposition d’Ernest Pignon Ernest « EXTASES » en l’église baroque de l’abbatiale Saint Pons à Nice.
A partir du 1° octobre 2016 et jusqu’au 8 janvier 2018, à la Bibliothèque Louis Nucera, «du mur au livre, de l’éphémère à l’éternité ». Colloques, conférences et débats sur les liens étroits entre Ernest Pignon Ernest et les poètes. En présence de l’artiste et de certains des poètes.
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