Dernière conversation pour la PHOTO et le DESSIN : le temps des festivals devient souvent propice aux rencontres. Un soir, dans l’arrondi d’une rue, une dessinatrice assise à une table se penche sur la feuille blanche de son carnet. D’une main aussi ferme que souple elle pousse ses crayons sur la page comme un général ses troupes. Des traits, des traces paraissent. Laurence Garnesson réalise une oeuvre. Passe notre photographe Alexandre Reynier. Son reflex en main il “maraude” à la recherche de la situation inspiratrice de la bonne photo. Il voit le corps penché, puis les mains, la feuille, les crayons. Elle voit qu’il la voit. S’engage un dialogue.
De cette rencontre sort l’idée de réaliser une “conversation” entre le dessin et la photographie tout les deux jours pendant une semaine. Chaque étape est l’occasion de revisiter une lieu emblématique de la ville du plus grand théâtre au monde, Avignon. Conversation, dialogue, rencontre, confrontation, échange ? Je ne sais vous dire. Ce qui est sûr, l’art a été, est et sera toujours une rencontre.
Dernière conversation à la Cour du Barouf
Discussion improvisée. La cour du Barouf, au détour d’une petite rue en angle. Un lieu clos derrière de grands murs parfois noircis de lichen. Au centre, un arbre large étend ses bras et ses feuilles sur l’ensemble. L’orage finit à peine de gronder. Des petits bruissements enveloppent les voix étouffées et rebondissent rondement sur la chaleur humide du sol crayeux. Ce lieu est intime et multiple à la fois, à l’instar de la foule des masques en suspension sur le mur du fond. Les festivaliers attendent là et confondent leurs visages avec ces faces figées. Sensation étrange d’une discussion improvisée entre personna. Laurence Garnesson.
Beau. Mine de rien le mot s’installe. J’attends du son et je vois des gens attentifs. La cour du barouf dit tout pourtant. Pas de bruits mais des murmures. Ombrage et chaleur. Attente et préparation. Les masques me font la grimace. Têtes réduites du Pacifique ou objets de tromperie. J’ai envie de leur tirer la langue. J’aime le théâtre pour cela. On ne sait jamais d’avance. Les corps ralentissent. Troisième semaine tout se densifie. Les gens dans les rues sont beaux par leur désir de théâtralité. J’écoute les tracteuses messagères des lieux obscurs. Sans elles le Off serait triste. Le monde est beau. Encore onze mois… Alexandre Reynier.
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LAURENCE GARNESSON : L’ATELIER
Dernière des dernières, le festival Off tire à sa fin. Dernière, dernière conversation entre le dessin et la photo. Dernière déambulation dans Avignon. Dernière…
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