Berlioz et les ouvertures étaient au programme du concert de clôture du « Festival du Printemps des arts de Monte-Carlo 2017». La soirée permit au public d’écouter des oeuvres de jeunesse et de maturité du compositeur dont certaines sont très peu jouées. Et d’entendre un Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo quasi en état de grâce, dirigé par Kazuki Yamada, depuis 2016 son directeur musical et artistique. Un concert d’exception pour un festival qui fera date. (photo © J.C. Vinaj)
Berlioz et les ouvertures
Le programme comprenait huit ouvertures et prologues, classés par ordre chronologique. Ce choix permit à chacun d’apprécier l’évolution dans l’art de la composition d’Hector Berlioz. Pour la première partie, Les Francs-Juges op.3 de 1828 et Waverley, op.1 de la même année ouvrent le concert. Elles datent de la sortie de Berlioz du conservatoire. Puis Le Roi Lear, op.4 suivi de Rob Roy deux ouvertures de 1833. La deuxième partie comprenait Benvenuto Cellini de 1838, Rêverie et Caprice de 1842, Les Troyens à Carthage et pour finir Béatrice et Bénédict, respectivement de 1863 et 1862. Entre la découverte de deux œuvres presque jamais joués, Waverley comme Rob Roy, et un orchestre dans les hauteurs, le public ne bouda pas son enthousiasme en demandant des bis.
Berlioz, le chef Yamada et l’Orchestre Philharmonique
Dès Les Francs-Juges le chef Kazuki Yamada donna une impulsion de limpidité dans le jeu et de clarté dans la lecture de la partition. Il dirige son orchestre par des gestes amples, suivis d’un regard et d’une main tendue vers les instrumentistes, chaque fois qu’il désire souligner un crescendo. Il sait se tourner vers chacun leur faisant comprendre ce qu’il souhaite quand cela est nécessaire. Tout de suite après il se pose sur ses deux jambes et laisse l’ensemble suivre la route impulsé. Direction et laisser agir, la marque d’un grand chef. Précise, voire méticuleuse, la direction de Kazuki Yamada installe également chaque groupe d’instruments dans son propre espace sonore. Ainsi, la clarté ne quittera plus le concert. Tout cela est possible grâce à un dialogue exigeant entre l’orchestre et son chef. Le résultat ? Un orchestre envoûté par son chef et envoûtant pour le public.
Berlioz, les ouvertures et prologue
L’ouverture Le Roi Lear, est composée à Nice suite à une déception sentimentale. La partie violoncelle, surtout pendant les attaques, montra encore une fois sa très grande qualité. Pendant le festival ils ont eu plusieurs fois l’occasion de le démontrer, comme en deuxième partie de ce concert dans Benvenuto Cellini. De Rob Roy, inspirée d’un roman de Walter Scott, on retiendra la sublime mélodie au cors anglais. Elle sera jouée à la perfection dans un silence admiratif. Berlioz la reprendra pour un solo d’alto dans Harold en Italie. Le plus étonnant est de savoir que Berlioz, pas convaincu par son ouverture, la reniera. Dans la deuxième partie, les œuvres plus de maturité, Rêverie et Caprice sera un sommet de la soirée. Cette romance pour violon et orchestre, seule œuvre concertante de Berlioz, doit beaucoup à la violoniste Liza Kerob. Elle joue sur un violon de Giovanni Battista Gabrielli datant de 1754. Littéralement inspirée elle donnera avec finesse les caractères d’une pièce vocale à l’ouvrage. Ses notes sont construites au millimètre. Le premier, Adagio, installe doucement l’attention dans la Rêverie pour ensuite dans un Allegro vivace fait de ruptures et de montées longues aborder le Caprice. Le violon devient voix. Dans cette œuvre instrumentale Berlioz réussit à adapter la musique vocale. Le chef installé face à la soliste conduira l’orchestre a des sommets où se caractérisent discrétion et finesse. Une romance qui croulera sous les applaudissements.
L’écoute chronologique des ouvertures fut un choix heureux de dernier moment. Elle permit d’entendre un Berlioz complexe et à la personnalité inclassable. Berlioz fait uniquement du Berlioz. Le chef Kazuki Yamada nous offrit une version composée de force, finesse et clarté, grâce à ce magnifique Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo au sommet. Un très grand Berlioz.
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