Evênement Congo réalisa, ce samedi premier avril, ce que permet le meilleur de l’acte artistique. Et cela dans la rencontre de deux mondes qui, a priori, tout oppose : l’Afrique et l’Occident. Cet évênement se concrétisa dans la musique grâce au maître de la symphonie Ludwig van Beethoven. Et à deux compositeurs congolais. (photos © Alain Hanel)
Evênement Congo permit d’entendre ce samedi trois œuvres. Deux récentes écrites par des compositeurs congolais et une par Ludwig van Beethoven. Elles furent interprétées par l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo réunis pour l’occasion. Le Chef pour les deux premières a été Armand Diangienda Wabasolele et pour la dernière Julien Leroy.
Evênement Congo : Armand Diangienda Wabasolele et Héritier Mayimbi Mbuangi
Dans l’Auditorium Rainier III complet et en présence de la Princesse de Hanovre, deux compositeurs congolais présentèrent leur œuvre.
Armand Diangienda Wasabolete : Symphonie n°3 « Mon identité », IV. Province orientale. (Composition 2010 – Création 2015)
Le compositeur ambitionne, après deux premières symphonies « d’écrire une œuvre dans laquelle les Congolais puissent se retrouver ». Pour cela, il s’inspire de mélodies traditionnelles locales et de thèmes folkloriques. Il privilégie ceux du fin fond du Congo. Et il en constitue la base même de sa symphonie. Ceux du quatrième mouvement proviennent d’une des tribus du pays, le Lokelé. Des thèmes venant d’autres régions forment dans ce quatrième mouvement un ensemble de trois avant de revenir au thème initial. Et le tout, comme le remarque le compositeur « offre un voyage dans les différents rythmes et parcourt les colorations musicales que l’on peut trouver au Congo ». Harmoniquement la symphonie est en fa majeur. Or la plupart du temps les 5° et 4° degrés prédominent « comme si l’oeuvre était écrite dans ces tonalités associées ». On ressent, dans les parties violon les grands espaces de la forêt vierge. Mais aussi cet élan que savent rendre les compositeurs américains parlant des étendues infinies. Armand Diangienda Wasabolete donne à entendre une musique profondément audible par tous, tout en parlant à ses et de ses compatriotes. Envoûtant.
Héritier Mayimbi Mbuangi : Luba. (Composition : 2007 – Création : 2009 pour la première version et composition 2015 – création 2015 pour la deuxième version)
Avant d’aller plus loin dans l’oeuvre, il faut remarquer que Mayimbi Mbuangi est le premier violon de l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa dont le chef est Armand Diangienda Wasabolete. Cette proximité ne se retrouve pas dans l’écriture de Luba. Dynamique, claire, limpide tout en étant discursive on trouve dans l’écriture des influences plus occidentales comme Ravel, par exemple. Mais le compositeur reste attaché à sa terre natale, le Congo. Car l’inspiration d’un cantique Kimbanguiste intitulé Bokonzi ya tata Nzambe (le royaume de Dieu) est primordiale. Tout comme le titre de l’oeuvre Luba qui vient du nom d’une tribu située au centre du pays dans la province du Kasaï. Le compositeur le dit clairement : « l’oeuvre évolue en mode de ré. Il ajoute certaines notes (mi, sol) à la base pentatonique (ré, fa, sol, la do). La partie finale est plus tonale avec un ut majeur culminant. » L’ensemble s’appuie sur le rythme typique de la tribu Luba en mesure simple de deux ou quatre temps. Dans la dernière version, qui a été joué à l’Auditorium Rainier III ce samedi, l’introduction d’instruments à vent comme le hautbois, le basson et le cor donnent aux ornements un grand crescendo d’orchestre. A l’image même du Boléro de Ravel. Cette version pour grand orchestre et piano donne une envolée remarquable parfaitement jouée par les deux orchestres associés. Toujours à la limite entre deux mondes musicaux Luba donne à entendre une explosion sonore maîtrisée. Mais sans jamais tomber ni dans la confusion ni dans l’hésitation. Une grande envolée.
Ludwig van Beethoven : 8° symphonie (Composition 1812 – Création 1814)
Sous la baguette énergique et envoûtante du jeune chef Julien Leroy, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo accompagné par l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa, donna une interprétation de la 8° symphonie mettant en valeur les cordes. Les jeunes musiciens de l’orchestre congolais suivaient bien ceux du Monte-Carlo. Si elle peut être considérée comme plus discrète que la 7° ou la 9°, il n’en reste pas moins que la 8° donne une part belle aux envolées instrumentales. Et l’allegro initial, le mouvement lent et les basses rustiques du troisième mouvement comme le la du rondo final présentent une caractéristique portant bien l’empreinte de Beethoven. Pour sa première visite, le Philharmonique avait joué la Neuvième à Monte-Carlo. Héritier Mayimbi Mbuangi disait de cette interprétation : « notre orchestre insuffle à Beethoven un peu de notre sens du rythme ». Et un peu dans cette huitième…
Cette dernière semaine au Festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo :
Mercredi 5 avril : Jeunes Talents avec Josquin Otal au piano (Bach, Ravel, Liszt) à l’auditorium Rainier III, 20H30 .
Jeudi 6 avril : Concept piano avec Hélène Grimaud au piano (Berio, Takemitsu, Fauré, Ravel, Albeniz, Liszt, Janacek, Debussy, Brahms) à l’Opéra Garnier, 20H00.
Vendredi 7 avril : Musique de la Renaissance II avec l’ensemble Huelgas sous la direction Paul van Nevel (Palestrina, Gombert, de Lassus)
Samedi 8 avril : Concert de clôture avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Kazubi Yamad et au violon Liza Kerob (Hector Berlioz : les ouvertures et prologues de Benvenuto Cellini, Les Troyens à Carthage, Waverly, Les Francs-juges, le Roi Lear, Rob Roy, Béatrice et Benedict, Réverie et Caprice) à l’auditorium Rainier III, 20H30.
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