Le pansori (en hangeul coréen : 판소리) est l’art coréen du récit chanté, accompagné au janggu (장구, sorte de tambour). Typique de la culture coréenne, le pansori est une forme d’art dramatique musical exécutée par un chanteur accompagné d’un tambour. Cette tradition populaire se distingue par un chant expressif, un discours stylisé et un répertoire de récits. La gestuelle embrasse à la fois la culture des élites et celle du peuple.
CORéE, le Pansori, définition et origine :
Le chanteur, homme ou femme, improvise parfois huit heures durant, sur des textes mêlant expressions littéraires érudites et dialecte rural. Dans la forme traditionnelle, un seul tambour accompagne l’interprète.
(© 2009 by Korea Cultural Heritage Foundation)
L’origine du nom pansori vient des mots coréens pan « endroit où les gens se rassemblent » et sori « chant ». Pansori signifie donc chant du lieu public, du marché. Le Pan (판) est la place publique dans les villages où peut avoir lieu des cérémonies chamaniques, des spectacles ou des marchés. Le mot sori (판소리), chant ou bruit, et pour Ahn Sook-sun, le « sori (bruit) était le terme péjoratif qualifiant la parole ou le chant de quelqu’un qui, dans la hiérarchie sociale, n’a pas droit au respect ».
Le pansori apparaît au dix-septième siècle dans le sud-ouest de la Corée, probablement comme une nouvelle expression des chants narratifs des chamans. Tradition orale perpétuée par le peuple jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, il s’enrichit ensuite d’un contenu littéraire plus sophistiqué, gagnant ainsi les faveurs des élites urbaines. Les actions, les personnages et les situations mis en scène plongent leurs racines dans la Corée de la dynastie de Chosen (1392-1910).
Pansori, son contenu et sa maîtrise :
(© 2009 by Korea Cultural Heritage Foundation)
Les pansoris sont inspirés de romans plus anciens. Ils présentent les cinq relations types : père-fils ; mari-femme ; frère-sœur ; amis et maître-sujet.
Le contenu du pansori décrit des scènes réalistes, paysages, scènes de genre, vies de personnages célèbres. Le chanteur ou la chanteuse (myeongchang) interprète, debout, tous les personnages de manière chantée. Le myeongchang utilise aussi le mime et notamment les décors avec son éventail. Seuls quelques passages sont parlés. La voix du myeongchang est très éloignée du chant d’opéra occidental. Elle est plus gutturale et son rythme saccadé confère une aura de mystère au narrateur. Le joueur de tambour rythme le récit, par son instrument, mais aussi de la voix « jotta ! » ou « eulsigu ! ».
Un pansori complet dure de quatre à six heures, mais il arrive qu’on ne joue que les morceaux fameux d’un ou de plusieurs opéras au cours d’une représentation. L’essentiel de l’intérêt d’une représentation vient de l’interprétation du myeongchang, les textes lui laissant toute latitude pour improviser.
Pour acquérir la maîtrise des nombreux timbres vocaux et mémoriser le répertoire complexe, les chanteurs doivent se soumettre à un long et rigoureux entraînement. De nombreux virtuoses ont élaboré leur propre style d’interprétation et sont renommés pour leur manière particulière de déclamer certains épisodes.
Pansori, aujourd’hui et demain
(Cultural Properties Administration of Korea)
Menacé de disparition dans le contexte de modernisation accélérée que connaît la Corée, le pansori a été proclamé « Bien culturel immatériel national » en 1964. Cette mesure a suscité un soutien institutionnel généreux qui a permis le renouveau de la tradition. Si le pansori reste l’un des genres préférés parmi les arts traditionnels du spectacle, il a perdu beaucoup de son caractère spontané originel. L’improvisation tendant à être reléguée au second plan avec l’essor du répertoire écrit. Peu de chanteurs sont capables d’improviser et le public est moins sensible à la créativité spontanée et à la langue du pansori traditionnel. Aujourd’hui, il commence à séduire la jeunesse après la sortie des films La Chanteuse de pansori et Le Chant de la fidèle Chunhyang, du réalisateur Im Kwon-taek, en 1993.
Le pansori est inscrit en 2008 (3.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2003)
(© 2009 by Korea Cultural Heritage Foundation)
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