CAMBRIA : Les Voiles de Saint-Tropez 2016 ont débuté. Pour faire des régates, il faut des hommes, des règles et des bateaux. Nous allons vous montrer en parallèles des Voiles quatre des plus beaux bateaux concourant cette année : Cambria, Spartan, Gen Api et le tout dernier Wally de cent pieds, le Wallycento Galateia. Un beau bateau se remarque par ses détails. Nous vous les montrerons en photos. Aujourd’hui, le Cambria s’offre à vous. (Photos © Alexandre Renier/The Provence Herald)
Le Cambria, de 1928 à aujourd’hui
Le Cambria, un des derniers rescapés de l’imposante, par la taille sinon par le nombre, class des 23 m JI, est, de l’avis des spécialistes, l’un des plans Fife les plus aboutis.
Construit en 1927, il réunit dans sa conception et sa construction au chantier de Fairlie, en Ecosse, la quintessence du savoir-faire de trois générations d’architectes navals.
Mis à l’eau en 1928 pour le magnat de la presse William Berry, Cambria, yacht de 41,50 m de long sur 6,10 m de large et 4,5 m de tirant d’eau, fut le 1er de la nouvelle génération de gros bateaux _ les Big class cutters. Après des années de discussions et de bagarres autour du calcul des handicaps, les instances se mirent d’accord sur cette classe J qui permettrait aux concurrents de s’affronter en temps réel. La réalité fut moins simple.
Dès sa 1ère régate, à Harwich, Cambria s’est imposé. Mais il fut pénalisé à cause de la hauteur de son mât. Une contrariété pour l’architecte William Fife qui révisa son gréement sur le papier. Ses calculs furent finalement inutiles car les règles furent modifiées et Cambria put arborer son gréement bermudien. Aujourd’hui, l’espar fait 48 m de haut, une perche gigantesque qui porte une baume de 1,5 tonne et une grand voile de 800 kg.
Malgré un équipage en course de 22 personnes sous l’autorité de Chris Barkham, le boat captain, le bateau est aujourd’hui équipé de winches électriques pour manœuvrer sa voilure qui compte un spi de 1000 m2.
Pendant trois ans, Cambria a participé, avec succès, à une cinquantaine de régates chaque saison, mais en 1934, le bateau change de main et de nom. Devenu Lillias, il est successivement propriété de sir Robert McAlpine, puis de François Giraud qui le base à Izmir, en 1936 et le transforme en bateau de croisière. Cette expatriation en Turquie le préservera de la destruction que certains de ses semblables ont connue pendant la guerre. Il restera juqu’en 1970 dans les eaux turques où ses heureux propriétaires Français et Belges en prennent grand soin.
En 1972, Cambria alors à Marseille, est acquis par l’Américain Michael Sears qui à la suite d’un démâtage près des Canaries, le transformera en ketch (deux mâts) en 1975.
En croisière autour du monde, il est laissé à l’abandon à Townsville, près de la grande barrière de corail, australienne. Son élégance, sa classe, la pureté de ses lignes séduisent des yachtsmen du coin qui décident de restaurer ce vestige de la grande époque du yachting. En chantier, à Brisbane, il est remis en état avec soin et redevient le voilier puissant et rapide de ses débuts.
Après 6 ans dans les eaux du Pacifique, entre Australie et Nouvelle-Zélande, Cambria est de retour à Cowes, en 2001 pour le jubilee de la coupe de l’America. Le 23 m JI qui avait quitté les eaux anglaises en 1930, fait grosse impression à l’occasion de cette régate mémorable autour de l’île de Wight qui réunit plus de mille yachts.
Ces retrouvailles avec l’Europe se poursuivirent en Méditerranée où le circuit des yachts classiques enthousiasma son propriétaire australien et son actuel propriétaire allemand. Sous la conduite de Chris Barkham, Cambria qui a subi une nouvelle restauration de 14 mois, la saison dernière, est de toutes les régates classiques en France, en Italie, en Espagne sans déroger à ses qualités de yacht de course.
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